Le centriste, champion de l’irritation !

La dernière enquête de Vias (ex-IBSR) sur les comportements agressifs ou irritants dans le trafic met en relief le « centriste » ; ce dernier représente sans conteste, pour 27% des Belges, le conducteur le plus irritant de tous. Ce comportement gagne haut la main devant ceux qui vous talonnent de trop près (14%) et ceux qui n'utilisent pas leurs clignotants (11%).



Pour rappel, le «centriste » est ce conducteur qui s'installe sur la bande du milieu des autoroutes à 3 bandes de circulation et ne la quitte que très rarement. En agissant de la sorte, le centriste contraint les conducteurs plus rapides que lui à effectuer des manœuvres supplémentaires pour le dépasser. Or, faire effectuer à d'autres usagers des manœuvres inutiles n'est ni bon pour la sécurité, ni bon pour la mobilité.

Le centriste est également responsable d'une situation paradoxale. Théoriquement, sur une autoroute à 3 bandes avec un trafic normal, les bandes les plus chargées en trafic devraient être les deux premières bandes de circulation, et non la 3e. En présence de centristes, il n'est pas rare de constater l'inverse, c'est-à-dire une 3e bande de circulation plus fréquentée que la première et la seconde bande. C'est dû au fait que les véhicules plus rapides n'ont d'autres choix, pour contourner les centristes, que de se décaler complètement à gauche, et souvent d'y rester pour effectuer des dépassements successifs de conducteurs qui ne décollent pas de la bande centrale.


Quand peut-on rester sur la bande du milieu ?

Est-ce que tout conducteur qui se trouve plus de quelques secondes sur la 2e bande est automatiquement un centriste ? Non, et fort logiquement d'ailleurs.


Le code de la route prévoit à l'article 16 une exception à l'obligation de devoir se rabattre entre deux dépassements : toutefois, le conducteur n'est pas tenu de reprendre sa place à droite s'il veut effectuer aussitôt un nouveau dépassement:

1° sur les chaussées à deux sens de circulation divisées en quatre bandes de circulation ou plus, à condition de n'emprunter que les bandes affectées à la circulation dans le sens suivi ;


La notion de dépassements successifs n'est pas définie par la loi et s'apprécie donc au cas par cas. Mais il est évident par exemple que si plusieurs camions se suivent à très peu de distance l'un de l'autre sur la bande de droite, il y aurait bien plus d'inconvénients à se rabattre à droite entre chacun d'entre eux qu'à les dépasser en une fois dans la foulée.

A l'inverse, si des véhicules, camions ou autres, roulent à plusieurs centaines de mètres l'un de l'autre sur la bande de droite, il est tout aussi évident qu'il n'y a pas de raison valable pour rester sur la bande centrale entre deux dépassements.

Dernier point important : si les centristes vous ennuient, ce n'est pas pour autant autorisé de les dépasser par la droite, même si c'est tentant. De même, ce n'est pas non plus une bonne raison pour vous montrer agressif envers eux pour essayer de leur faire comprendre qu'ils doivent libérer la bande centrale. Par contre, vous pouvez leur montrer le bon exemple en vous rabattant à droite selon les règles de l'art après les avoir dépassés…

Commissaire Olivier Quisquater

Source : Secunews