Comment empêcher un ami de conduire en état d’ivresse ?

Lun 11.03.2019 - 17:21
0059 VhiculeNocture Decorte

Un ami se retrouve en état d'ivresse… vous vous rendez compte que la situation devient dangereuse tant pour lui que pour autrui… Comment vous y prendre pour lui faire entendre raison ? Pour l'inviter à être prudent ? Quand prendre des décisions à sa place ?

Comment convaincre un ami ivre de ne pas conduire ?

Agissez le plus tôt possible

Dès que vous voyez votre ami s'enivrer. Cela vous permettra de ne pas provoquer un conflit ou encore une comédie de sa part en fin de soirée à un moment où il risque d'être trop fatigué et agressif que pour vous écouter. Et si finalement, votre ami a retrouvé le chemin de la sobriété, il vous suffira de lui rendre ses clés, avec humour.

Dites à votre ami de ne pas conduire

Soyez au besoin plus autoritaire que d'habitude. Malgré les remarques et commentaires dus à l'alcool qui risquent de s'en suivre, restez calme et courtois. Ne les prenez pas personnellement. Expliquez-lui plutôt que vous agissez de la sorte pour le protéger. Si cela se met, n'hésitez pas à glisser une touche de légèreté dans votre fermeté : On va parler de cette soirée pendant longtemps ! ou Heureusement que je suis aussi têtu que toi !

Refusez dans tous les cas de monter dans la voiture avec votre ami

Pour lui faire comprendre que vous ne lui faites pas du tout confiance pour conduire.

Faites-vous un allié de toute personne présente

Surtout si la personne est plus proche de votre ami. Expliquez calmement et honnêtement que vous vous inquiétez pour sa sécurité par peur qu'il ne se blesse ou ne blesse quelqu'un d'autre en rentrant en voiture en étant ivre. Demandez à cette personne d'intervenir pour essayer de raisonner votre ami. Celui-ci y sera peut-être plus réceptif.

Plus vous avez d'aide, mieux ce sera. La présence d'autres amis permettra au vôtre d'oublier qu'il vous en veut de ne pas l'avoir laissé conduire.

Soyez persévérant

Votre ami, vu son état, risque de ne pas vous comprendre ou de vous écouter du premier coup. Ne lâchez rien. Demandez-lui par exemple, de vous répéter ce que vous venez de lui dire pour vérifier s'il comprend un minimum la situation. Trouver d'autres bonnes raisons pour qu'il ne prenne pas le volant, en lui parlant des conséquences sur son travail, ses projets de vie, sa famille s'il est contrôlé ou pire s'il occasionne un accident en état d'ivresse.

Persévérez avec clarté, fermeté, douceur et calme. Le but n'est en effet pas d'avoir raison ou de gagner un conflit.

Refusez toutes les stratégies d'évitement

Votre ami essayera probablement de vous convaincre qu'après un bon café ou encore une bonne douche, il sera en état de conduire. Ces moyens n'éliminent en rien l'alcool de l'organisme ni les conséquences en cas de contrôle positif ou d'accident.

Soyez sincère en prenant votre ami par les sentiments

Asseyez-vous à ses côtés et exprimez-lui votre affection et le souci que vous vous faites pour lui. Votre inquiétude réelle est de nature à persuader votre ami de vous écouter :
Écoute, on est amis depuis longtemps et je tiens trop à toi pour te laisser te faire du mal.
Je serai vraiment anéanti s'il t'arrivait quelque chose…
Nous avons tous envie de te voir partir d'ici en sécurité.

Agir préventivement ?

Choisissez un ou plusieurs bobs avant de commencer à boire

Chacun pourra de la sorte profiter de la soirée en sachant qui peut et ne peut pas consommer de l'alcool. Et puis, ce sera à charge de revanche pour une prochaine fois.

Soyez rusé pour obtenir les clés de la voiture

Vous pouvez attendre que votre ami soit occupé pour lui prendre ses clés, ou encore les lui demander en trouvant un bon prétexte (Prendre quelque chose dans la voiture, p.e.). Déplacez alors sa voiture pour qu'il ne la retrouve pas ou encore cachez les clés. Vu son état, votre ami risque d'avoir très vite oublié qu'il vous a donné ses clés. Il ne sert donc à rien de lui en reparler.

Trouvez une solution pour le reconduire

Appelez un taxi. Ramenez votre ami vous-même ou faites appel à une personne de confiance ou à un service spécialisé. Dans le cas du taxi, pensez à payer le chauffeur à l'avance afin d'éviter d'autres complications. L'idéal serait de l'accompagner pour s'assurer qu'il rentre chez lui sans problème. Cela devrait l'aider à accepter plus facilement de monter dans le taxi. Si ce n'est pas possible, indiquez clairement au chauffeur sa destination. Et n'oubliez pas : les coûts engendrés par un retour en taxi sont préférables à une forte amende, un retrait de permis ou encore une peine de prison….

Si vous ramenez votre ami chez lui, à pied ou en transports en commun, préférez un trajet court, pour éviter que votre ami ne s'arrête trop souvent et ne provoque d'autres nuisances. Il faut en effet lui éviter le constat d'une ivresse publique.

Faites dormir votre ami sur place ou encore chez vous

Si cela est possible, avec l'accord de votre hôte, le plus facile est de persuader votre ami de passer la nuit sur le lieu même de la soirée. Pour transcender son envie de conduire, montrez-lui son lit, il s'y couchera peut-être aussi vite ou encore parlez-lui d'un bon petit déjeuner à son réveil,

Mettre votre ami ivre dans sa voiture pour se reposer pour vous permettre de continuer la fête, est un choix à éviter. Un service de police de passage pourrait en effet interpréter que votre ami « s'apprête à conduire », ce qui le conduirait à subir les mêmes conséquences qu'un constat de son ivresse…

Ramenez votre ami chez lui avec sa voiture

Si vous êtes également en voiture, vous pouvez demander à un autre ami sobre, de vous suivre avec la vôtre. Vous pourrez ainsi revenir à la fête, si vous le souhaitez. Et votre ami ne devra pas revenir le lendemain récupérer sa voiture.

Ces conseils ne se veulent pas exhaustifs. L'important est de bien évaluer l'état de santé de votre ami : ne doit-il pas bénéficier d'une aide médicale avant tout ? Vous pourrez ensuite envisager toutes les solutions pour éviter le pire à votre ami, en laissant de côté les frustrations, les critiques, remarques… Il est préférable de se rappeler d'une soirée écourtée que d'un drame de la route dû à l'alcool.

Thierry DEROUA - Commissaire divisionnaire de police er - Trainer en attitude coachante
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Harcèlement entre élèves à l’école : que faire ?

Jeu 14.02.2019 - 16:16
456 Patrick Decorte Ecole primaire

Une école doit parfois faire face à du harcèlement entre élèves. Comment exploiter ses propres ressources ? Que peuvent mettre en place les acteurs de première ligne ? Quels projets développer et avec quels partenaires ? Les attitudes à éviter ou à recommander ? Le sujet est complexe mais des pistes existent.

Organiser la parole et l'espace

Des « Espaces de parole régulés » sont proposés : il s'agit de permettre à chaque élève de s'exprimer, soit après la récréation, soit en un temps hebdomadaire fixé, dans un espace de parole répondant à des règles spécifiques. L'élève peut y partager ce qu'il vit, évoquer les conflits dans lesquels il serait impliqué ou dont il aurait été témoin. L'intention est de gérer pacifiquement les conflits naissants, de manière constructive, sans désigner de responsables. Les autres élèves peuvent être impliqués dans la recherche de solutions.

La cour de récréation peut être (ré)organisée en zones aménagées pour un type d'activité. Les élèves peuvent ainsi se livrer à l'activité choisie sans gêner les autres. Dans ce zonage, les éducateurs et surveillants sont les garants du respect des règles qui l'accompagnent.

Recueillir le témoignage d'un harcèlement : le rôle des éducateurs

L'élève ne va pas spontanément se confier aux adultes. La situation de harcèlement est souvent déclarée par les parents. Toutefois, l'éducateur(trice) peut développer ce rôle de détection, ce rôle d'interlocuteur en renforçant le lien de confiance avec l'élève. C'est lui qui est en relation directe avec les élèves durant les récréations, les heures de fourches, les repas, l'accueil, les études… L'écoute active, l'approche positive de conflits, la médiation font partie de ses outils.

L'éducateur joue aussi un rôle clef en matière de prévention des violences. Pour ce faire, il peut développer des partenariats avec différents interlocuteurs : CPMS, Association des Parents, Médiation scolaire, équipes mobiles, projet local communal, AMO, maison de jeunes/quartier, centre local de promotion de la santé, … Enfin, l'éducateur est aussi là pour rappeler la loi.

L'ensemble de ces responsabilités et compétences font de lui, d'elle, un maillon essentiel dans la détection d'une situation de harcèlement.

D'après expériences : attitudes à éviter

Le « Réseau Prévention Harcèlement » rassemble des acteurs de la société civile et du secteur associatif, du monde de la recherche, des administrations et organismes publics. Ce Réseau propose, d'après expériences, des attitudes à éviter ou recommandées lorsqu'un élève vient signaler une situation de harcèlement.


Les attitudes à éviter

- Minimiser les faits ; organiser un face à face entre la victime et le(s) harceleur(s) ; surprotéger la victime et lui donner des privilèges ;

- Attendre les preuves avant d'intervenir ; condamner, rejeter et renvoyer le(s) harceleur(s) ; négliger le suivi du ou des harceleur(s) ; condamner les « victimes provocantes » qui cherchent à être le bouc émissaire ; ne pas tenir compte du souhait de la victime ;

- Faire abstraction de la dynamique de la classe ; s'investir ou être investi seul(e) pour résoudre la situation.

Les attitudes recommandées en cas d'harcèlement

- Ecouter la victime, l'accompagner, la rassurer sur le suivi à donner ; conscientiser le(s) harceleur(s) et les témoins pour modifier leurs comportements ; protéger la victime sans prendre sa défense en public ;

- Croiser les regards des différents professeurs, dresser la carte des réseaux d'influence dans la classe ;

- Assurer le suivi du/des harceleurs et l'écoute de leurs propres difficultés ; ouvrir l'œil pour s'assurer qu'ils ne font pas de nouvelles victimes ; les recadrer, les aider à changer de comportement en les rendant conscients de l'impact de leurs conduites;

- Proposer différentes pistes d'action à la victime, les construire avec elle et donner du temps ; être vigilant à la composition des groupes lors des activités en groupe ; pour réussir, un partenariat est indispensable.

Un dispositif parmi d'autres : l'approche « NO BLAME »

La méthode britannique NO BLAME a pour principe fondamental de ne pas sanctionner le ou les harceleurs mais de mettre en place un dispositif pour que cesse le harcèlement. Dans ce cas de figure, l'école met sur pied une cellule rassemblant des éducateurs et enseignants poursuivant les étapes suivantes :

- Entretien avec la victime à qui on propose de mettre en place un « groupe d'entraide ». Ce groupe est composé d'élèves qui l'ennuient, d'élèves neutres à son égard, d'élèves positifs et d'élèves influents dans la classe.

- Rassemblement des élèves désignés de manière informelle et en l'absence de l'élève harcelé. Les adultes présents développent les émotions de cet élève et cherchent ainsi à susciter de l'empathie dans le groupe.

- Présentation du problème au groupe-cible : un des adultes expose sans détails avoir un problème avec un élève très affecté et demande au groupe d'envisager des solutions.

- Partage des responsabilités, propositions et responsabilisation du groupe pour l'action : chacun doit élaborer une action concrète qu'il posera avec l'élève harcelé.

- Entretiens individuels avec chaque membre du groupe et bilan des actions.


Delphine CHARLOT - Licenciée en criminologie
Direction Prévention et Sécurité, Ville de Charleroi

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La rue scolaire : nouveau texte dans le code de la route

Mar 20.11.2018 - 16:22
Barriere nadar rue scolaire

La loi du 2 septembre 2018 qui crée la "rue scolaire" est entrée en vigueur le 20 octobre dernier.

L'article 2 du code de la route est complété par un article 2.68 où le terme "rue scolaire" désigne une voie publique située à proximité d'un établissement scolaire qui est temporairement et à certaines heures, pourvue à ses accès d'une barrière déplaçable sur laquelle est apposé le signal C3 complété par un panneau additionnel portant la mention "rue scolaire".

Les usagers ayant accès à la rue scolaire sont :

- les piétons ;

- les cyclistes (allure du pas) ;

- les conducteurs des véhicules à moteur habitant dans la rue ou dont le garage se trouve dans ladite rue (allure du pas) ;

- les conducteurs des véhicules prioritaires lorsque la nature de leur mission le justifie (allure du pas, même en cas de mission urgente) ;

- les conducteurs des véhicules en possession d'une autorisation délivrée par le gestionnaire de la voirie (allure du pas).

Les conducteurs qui circulent dans la rue scolaire le font au pas ; ils cèdent le passage aux piétons et aux cyclistes, leur cèdent la priorité et, au besoin, ils s'arrêtent.

Les conducteurs de véhicules à moteur ne mettent en danger ni les piétons, ni les cyclistes et ne les gênent pas.

La "rue scolaire" permet d'améliorer considérablement la sécurité routière à l'entrée des écoles, surtout pour les usagers faibles mineurs. La décision de transformer une rue ordinaire en rue scolaire est laissée à l'appréciation du gestionnaire de la voirie.

Bonne route !